Texte d'examen Provincial

Author: Stephany /

Si j’avais eu le choix de rester à la maison aujourd’hui je l’aurais fait. Mais non! La loi fait en sorte que nous devons nous rendre à l’école pour souffrir interminablement. J’ai oublié de travailler sur mon devoir de français hier soir et il s’adonne qu’il est à remettre demain à la première heure. Je ne suis pas quelqu’un qui fait ses devoirs à la dernière minute d’habitude. Malgré le fait que je hais l’école, il est de mon devoir d’être la meilleure dans tout ce que je fais. Je suis très studieuse et j’excelle dans toutes les matières. Lorsque je me suis rendue compte de ce petit détail qui allait ruiner ma réputation d’élève modèle, je décidai de rester à la bibliothèque après l’école pour rattraper le temps perdu. Pas question que mes parents le découvrent! Ils me feraient la morale sur l’importance de réussir à l’école et combien mon excuse de trou de mémoire fait pitié.

La bibliothèque m’a toujours fasciné. Elle est très grandiose, à la manière d’une cathédrale. Il n’y a pas une surface de ses murs qui n’est pas couverte de livres, d’œuvres d’art ou de décoration d’un siècle antérieur. Ses colones énormes donnent l'impression d'être prisonnier.

J’étais si concentrée sur ma fulmination interne que je ne remarquai pas le garçon qui pleurait à la table voisine de la mienne. Je fis passer mes cheveux bruns derrière mon oreille afin de mieux observer. Il était en train de gribouiller quelque chose sur un morceau de papier froissé. Il devait avoir environ mon âge, dix-sept ans, pas plus. Il avait l’air malade, trop maigre. Il semblait tellement démoli que soudainement, mes problèmes parentaux n’avaient pas l’air si énormes. Je m’approchai plus près de lui et m’assise à ses côtés.

« Y a-t-il quelque chose qui ne va pas? » lui demandai-je de ma voix la plus douce. Il me regarda d’un air surprit.

« Pourquoi tu me parles? » Je fus surprise par cette réponse.

« Tu pleures. Est-ce que je peux t’aider? » Il renifla et essuya son nez sur sa manche avant de me répondre.

« Je ne pleure pas. Je n’ai pas besoin de toi.» Décidément, ce jeune homme ne savait pas du tout de quoi il parlait.

« Alors pourquoi pleures-tu? »

« Ce n’est pas de tes affaires » Évidement, cela ne fonctionnait pas. Je décidai de prendre un autre chemin.

« Je m’appelle Mélanie. Et toi? »

« Julien. » Soudain, il n’avait plus l’air d’être si triste.

« Alors Julien, que fais-tu ici enfermé dans une bibliothèque un vendredi soir, de juin en plus! »

« J’allais justement te poser la même chose.»

« Moi, je fais tout pour ne pas rentrer chez moi. » dis-je avec un peu de honte.

« Et bien on est dans le même bateau toi et moi! »

« Alors dis-moi, pourrais-tu m’aider à trouver une idée pour ma dissertation de français? »

« Avec plaisir! »

Nous avons parlé de tout et de rien jusqu’à ce que la bibliothécaire nous force à sortir car elle fermait boutique.

« J’ai bien aimé te rencontrer Mélanie. » Dit-il avant de partir. « Nous devrions faire cela un peu plus souvent. »

« Avec plaisir! » Il quitta et me laissa seule dans la bibliothèque. Je m’apprêtais à sortir lorsque j’aperçus le papier froissé de Julien. Curieuse, je le dépliai pour y trouver une lettre de suicide. Je me sentie soudain toute bouillante. Et moi qui croyais qu’il m’avait aidé à surpasser ma solitude. Je n’aurais jamais cru qu’un petit geste pourrait aider quelqu’un à ce point là. Une chose est sûre, tout le monde peut donner quelque chose.

Soudainement, la bibliothèque me sembla très chaleureuse. À présent, je savais que je serais protégée à tout jamais dans les murs de ce sanctuaire.

4 comments:

Anonymous said...

WOW! JE suis certaine que ça va te donner une bonne note. Bon travail lâche pas!

Stephany said...

merci!

Kim said...

wow steph! Ça m'a pris un bout de temps avant de me rendre compte que c'était pas toi. la description de la biblio par exemple m'a laissé savoir que c'était un de tes chef d'oevre. Lâche pas la patate!

Stephany said...

La patate est toujours dans mes mains

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